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Médias – Olivier Cadic : “Il faut se préparer à l’agression de Poutine vis-à-vis de l’UE” (Public Sénat – 14 mars 2025 – Vidéo 27m)

Ce 14 mars, j’étais l’invité d’Oriane Mancini sur Public Sénat, dans son émission “Bonjour chez vous !” au sujet de la situation en Ukraine.

Extrait de Public Sénat :

Après l’annonce de Vladimir Poutine d’une trêve de 30 jours sous certaines conditions, le sénateur Olivier Cadic souligne que « Trump cherche un succès rapide », tandis que « Poutine cherche à gagner sur le long terme, et à se développer ».

Selon le centriste, le président russe « ne cherche pas à arrêter la guerre », mais plutôt « à gagner du temps et des moyens humains extérieurs » pour poursuivre son offensive ». Le sénateur représentant les Français établis hors de France est ensuite revenu sur la réunion regroupant les responsables parlementaires pour faire le point sur la situation en Ukraine. Il estime que cette discussion a permis « d’exprimer la gravité de la situation », « d’explorer les réalités du terrain » et de mieux comprendre les intentions de Poutine.

J’ai répondu aux questions suivantes d’Oriane Mancini et de Quentin Calmet :

> Est-ce que, selon vous, on entrevoit la fin de la guerre en Ukraine ?
> Pour vous, Donald Trump, avec les déclarations hier de Vladimir Poutine, n’a-t-il n’a pas forcément gagné son pari ?
> Il y a-t-il un risque que cette trêve soit un leurre de Vladimir poutine pour reconstituer son armée ?
> Hier, le Premier ministre et le ministre des Armées ont reçu les parlementaires pour faire le point sur la situation en Ukraine. Olivier Cadic, qu’est-ce qui s’est joué hier ? Est-ce qu’il y a une volonté de créer une cohésion nationale ou c’est juste de la communication politique ?
> Certains médias, ainsi que le RN, ont parlé ces dernières semaines d’un Président qui chercherait à attiser les peurs. Emmanuel macron a répondu hier dans Le Monde « ces gens-là n’ont pas suivi l’actualité manifestement ». Est-ce que l’idée de cette rencontre est de rendre indéniable la menace russe ?
> Au Sénat, on s’inquiète particulièrement des influences étrangères et, paradoxalement, un sénateur nous expliquait en off que les crédits à l’ANSII et à Viginum, les agences chargées de lutter contre ces influences étrangères, ont baissé dans le dernier budget. Faut -il dénoncer ce paradoxe ?
> Comment finance-t-on cet effort de défense ? Où doit-on mettre la priorité ?
> Faut-il revoir notre modèle social ? Revoir la réforme des retraites ?
> Les députés ont voté la saisie des avoirs russes gelés ? Vous l’auriez voté ?
> N’est-ce pas contraire au droit international ?
> L’UE s’est-elle hissée à la hauteur de l’enjeu, ces dernières semaines, selon vous ?
> Concernant les droits de douane, est-ce que Donald Trump est en train de terrasser l’UE ?
> L’UE a raison de dire que si Donald trump augmente les droits de douane, on doit les augmenter en retour ?

Sénat – Adoption du PJL Résilience & Cybersécurité

En fin de séance : Michel Canévet, Patrick Chaize, Clara Chappaz, Olivier Cadic

Très satisfait de l’adoption du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, ce 12 mars

Je tiens à remercier mes collègues au Sénat qui ont voté mon amendement en créant ainsi un principe clair de sécurité numérique (compte-rendu).

Je salue le travail exceptionnel des trois rapporteurs de la commission spéciale que j’ai présidée pour préparer ce texte : Michel Canévet, Hugues Saury, Patrick Chaize. Toujours à notre écoute, Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, aura été un heureux élément de continuité dans ce processus, ce qui est à souligner.

Je tiens à remercier tous les membres de cette commission pour leur confiance, leur participation aux travaux et leur contribution à l’élaboration du texte par leurs amendements, souvent inspirés par les auditions des représentants de l’éco-système.

Le projet de loi a été modifié par la commission spéciale, puis en séance publique qui s’est achevée le 12 mars. Ainsi, la commission spéciale a adopté 61 amendements, dont 53 de la part de ses rapporteurs pour préciser les modalités de transposition des 3 directives, dites REC, NIS2 et DORA :
> inscrire dans la loi l’élaboration par le gouvernement d’une stratégie nationale de cybersécurité
> compléter et encadrer les définitions et délais d’application
> clarifier les obligations pesant sur les entités assujetties
> éviter des différences de traitement injustifiées entre les entreprises
> simplifier la vie des entreprises
> modérer les effets de surtranspositions.

Les travaux en séance publique ont permis de revenir sur des rédactions communes avec le gouvernement sur les questions de contrôle et de reste à charge des coûts des contrôles, certains désaccords subsistants principalement sur le titre III relatif à la transposition de la directive DORA.

Une mesure emblématique que j’ai proposée a été adoptée : empêcher toute mesure instaurant des backdoors ou des failles dans le chiffrement des messageries ; le Sénat reste la maison qui protège les libertés publiques (compte-rendu).

Enfin, la commission spéciale a formulé plusieurs recommandations :
> fournir un effort de simplification des mesures d’application réglementaires, en se gardant de toute surtransposition réglementaire
> accompagner les collectivités territoriales dans cette démarche nouvelle pour elles en tenant compte des problématiques de compétences et de financement
> communiquer et faire œuvre de pédagogie, à l’échelle du pays, sur l’effort de résilience et de cybersécurité, en lien avec la stratégie nationale de cybersécurité.

Consultez Pourquoi ce texte ? Et Les apports du Sénat

Consultez l’Essentiel (PDF 8p) : la France transpose 3 directives européennes pour renforcer la résilience et la cybersécurité

Consultez le texte adopté par le Sénat relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité

Sénat – Adoption de mon amendement pour établir un principe clair de sécurité numérique – Vidéo 32m

Je remercie mes collègues qui ont soutenu mon amendement n°1, durant les 30 minutes de discussion, lors de l’examen du projet de loi « relatif à la Résilience des infrastructures critiques et renforcement de la cybersécurité », ce 12 mars.

Cet amendement vise à éviter d’imposer aux fournisseurs de services de chiffrement l’intégration de dispositifs techniques visant à affaiblir volontairement la sécurité de leur système ! Ces dispositifs sont appelés backdoors – portes dérobées – et constitue des failles de vulnérabilités afin que nos autorités puissent exercer un contrôle sur les données échangées.

Des collègues LR se sont opposés en faisant valoir que le Sénat avait adopté une position inverse à l’article 8 ter lors de la proposition de loi Narcotrafic, suite à un amendement de leur groupe. J’ai rappelé que cette disposition n’existait pas dans le rapport de la commission d’enquête de lutte contre le Narcotrafic ; que l’article 8 Ter avait eu un avis défavorable de la commission des Lois du Sénat ; et qu’il avait été adopté par le Sénat dans un contexte particulier qui ne correspondait pas au sujet débattu.

Il avait été supprimé ensuite à l’unanimité de la commission spéciale de l’Assemblée nationale. Cette disposition n’existe donc plus.

Aussi, il paraissait important de remettre l’église au milieu du village à la faveur de ce texte destiné justement à élever le niveau de notre sécurité numérique.

Face à des arguments caricaturaux et parfois déplacés des LR, j’ai indiqué en conclusion pour justifier l’amendement, que je suis en politique pour défendre des idées de liberté, de confiance dans nos réseaux dans le numérique, et notre sécurité.

En adoptant à une large majorité mon amendement, les sénateurs ont rappelé que le Sénat est et reste la maison des libertés publiques !

Je leur en suis profondément reconnaissant.

L’amendement n°1 a été adopté par 181 voix contre 134, malgré la demande de retrait du gouvernement représenté par Clara Chappaz, ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique

VIDEO de l’intégralité des échanges sur l’amendement n°1 (32m)

Liste des intervenants, par ordre d’apparition : Olivier Cadic (UC) ; Patrick Chaize (LR), rapporteur ; Clara Chappaz, ministre ; Cédric Perrin (LR) ; Hugues Saury (LR) ; Thomas Dossus (GEST) ; Pierre Ouzoulias (CRCE-K) ; Jean-Raymond Hugonet (LR) ; Catherine Morin-Desailly (UC) ; Corinne Narassiguin (SER) ; Loïc Hervé (UC) ; Mathieu Darnaud (LR) ; Damien Michallet (LR) ; Akli Mellouli (GEST) ; Marie-Pierre de La Gontrie (SER) ; Agnès Canayer (LR) ; Olivier Cadic (UC).

VERBATIM de mon intervention

Cet amendement vise à éviter d’imposer aux fournisseurs de services de chiffrement l’intégration de dispositifs techniques visant à affaiblir volontairement la sécurité de leurs systèmes.

En effet, certaines initiatives législatives et réglementaires récentes ont cherché à imposer à ces fournisseurs l’intégration de « portes dérobées » (backdoors), de « clés de déchiffrement maîtresses » ou autres mécanismes dont le but est de créer des failles exploitables par nos autorités, comme technique de surveillance !

Ces « backdoors » sont des cadeaux faits aux acteurs malveillants, qu’il s’agisse de cybercriminels, d’États hostiles ou d’entités privées, comme le démontre le cas Salt Typhoon où des cybercriminels chinois ont exploité des vulnérabilités imposées aux acteurs de la Tech US par le législateur américain !

En outre, fragiliser la sécurité des solutions de chiffrement françaises et européennes nuirait à notre compétitivité, face aux acteurs internationaux qui, eux, ne seraient pas nécessairement soumis aux mêmes contraintes.

Ce projet de loi prescrit une hausse drastique des normes de cybersécurité́.

Où serait la cohérence si on acceptait que la loi autorise de créer sciemment des failles de sécurité ?

Cela irait à l’encontre des principes de sécurité, reconnus au niveau international et imposés par la directive NIS2.

La loi que nous votons ce soir doit empêcher cette possibilité.

Nous devons respecter les principes fondateurs de la RGPD, protéger le droit à la vie privée et à la protection des données personnelles.

Le chiffrement garantit une confidentialité absolue des échanges et des transactions numériques.
Cet amendement a reçu un fort soutien de la part de l’éco-système cyber.
Il vise à inscrire dans la loi un principe clair de sécurité numérique.

Comme je l’ai évoqué en discussion générale, votre avis sur le sujet, Madame la Ministre, sera très suivi.

Sénat – PJL Résilience & Cybersécurité – DG – Vidéo 8m

Ce 11 mars, lors de la discussion générale du projet de loi « relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité », je suis intervenu au nom du groupe Union centriste, après Clara Chappaz, ministre chargée de l’intelligence artificielle et du numérique et les trois rapporteurs de la commission spéciale : Michel Canévet, Hugues Saury, Patrick Chaize.

VERBATIM

Monsieur le Président / Madame la Présidente,
Madame la Ministre,
Messieurs les rapporteurs,
Mes chers collègues,

J’interviens à cet instant au titre de mon groupe de l’Union centriste mais vous vous en douterez ce temps de parole est également l’occasion de faire passer quelques messages qui me tiennent à cœur en qualité de président de cette commission spéciale.

Je tiens à remercier les membres pour leur confiance et leur participation, avec une attention spéciale envers Catherine Morin-Desailly, qui a présidé, il y a 2 ans, la commission spéciale « Sécuriser et réguler l’espace numérique », et m’a apporté son soutien et son expérience.

Je souscris en tous points aux constats et observations fait par les rapporteurs Michel Canévet, Patrick Chaize et Hugues Saury qui ont fait évoluer le texte dans le bon sens et je vous remercie madame la ministre de l’avoir dit et d’appuyer ce point, celui du respect de la lettre des directives à transposer et celui de la simplification pour les entreprises, les collectivités et les administrations publiques qui y seront assujetties.

Je salue leur travail ainsi que celui de nos collègues qui ont largement participé aux travaux de la commission spéciale et contribué à l’élaboration du texte par leurs amendements, souvent inspirés par les auditions des représentants de l’éco-système.

Je veux d’ailleurs exprimer toute ma gratitude en particulier à l’ACN, l’Alliance pour la confiance numérique, au cybercercle, à la Cyber task force et à tant d’autres. Leur expertise a nourri nos réflexions.

Certains amendements ont été adoptés en commission.
D’autres sont déposés pour le débat en séance publique pour que le Gouvernement puisse éclaircir et s’engager sur plusieurs points d’attention que nous avons relevés.
J’y reviendrai plus en détail.

Ce texte était très attendu par l’ensemble des professionnels et des parties prenantes des secteurs privé et public car la transposition de la directive NIS 2 devait intervenir avant le 17 octobre 2024.

Les circonstances politiques que l’on sait auront conduit à surmonter une dissolution de l’Assemblée nationale entre l’annonce du projet de loi initial pour juin 2024, le dépôt du texte le 15 octobre, puis une censure gouvernementale avant l’audition de Mme Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, en janvier dernier.

Vous aurez été en tout état de cause, Madame la Ministre, un heureux élément de continuité dans ce processus, ce qui est à souligner.

Il y a dans le domaine de la cybersécurité un effort tout particulier à faire en matière de sensibilisation et de prise en compte de la gravité de risques encourus. Je participe à cet effort en tant que rapporteur sur les crédits de l’ANSSI depuis 2017.

En 2023, les cyberattaques ont coûté près de 90 Milliards d’euros à l’économie française. Le panorama de la cyber menace publié par l’ANSSI ce matin démontre que ces attaques ont encore progressé en 2024

Ce texte nous permet de porter un message de mobilisation. La commission spéciale y aura contribué par la large diffusion publique que j’ai souhaité apporter à nos auditions.
Notre devoir est de faire prendre conscience à nos concitoyens des menaces cyber qui pèsent sur eux.

Notre objectif premier n’est pas d’empêcher les cyberattaques. Elles ne pourront que s’accentuer dans les années qui viennent. C’est un fait.

Vous avez dit Mme la Ministre ce n’est pas si vous êtes attaqués mais quand ? moi j’ai l’habitude de dire il y’a ceux qui ont été attaqué et ceux qui le sont déjà et qui ne le savent pas encore

L’objectif est d’être plus résilient et de pouvoir redémarrer très vite après une cyberattaque.
Je voudrais ici relayer quelques-unes des nombreuses observations qui nous ont été faites :
> J’ai relevé un premier paradoxe. Bien que l’ANSSI ait indiqué avoir conduit depuis septembre 2023 des consultations avec plus de soixante-dix fédérations professionnelles, ainsi que les onze principales associations d’élus et quatre fédérations de collectivités territoriales – et en dépit d’une étude d’impact faisant plus de 900 pages –, l’ensemble des personnes entendues a déploré un manque d’information et de concertation notamment sur les dispositions réglementaires d’application du projet de loi ;

> Cela soulève un second paradoxe. De nombreux intervenants ont pointé l’absence de transposition de certaines dispositions figurant dans les directives telles que des définitions de périmètre d’activité, d’incidents et de délais. Ces omissions ont pu être qualifiées de « sous-transposition législative » pouvant engendrer un risque d’une « sur-transposition réglementaire ».

Le projet de loi renvoie à 40 décrets en conseil d’État. De fait, ni les acteurs concernés, ni la commission spéciale n’ont été rassurés sur la méthode de concertation et d’élaboration.

J’ai eu plusieurs fois le sentiment que le projet de loi donnait carte blanche à l’administration, sans que le législateur n’ait son mot à dire.

C’est pourquoi la commission spéciale a formulé plusieurs recommandations à l’attention du gouvernement :
1 -veiller à la proportionnalité des obligations des entités assujetties ;
2 – Fournir un effort de simplification des mesures d’application
3- se garder de toute surtransposition réglementaire ;
4- accompagner les collectivités territoriales dans cette démarche nouvelle en tenant compte des problématiques de compétences et de financement.

A titre plus personnel et avec mon groupe, il nous semble important que ce projet de loi ne soit pas perçu que comme un catalogue inintelligible d’obligations et de sanct ions. Ce projet de loi doit au contraire porter une vision positive de l’élévation du niveau de résilience et de cybersécurité de tout le pays.

Plus largement, et pour conclure sur la dimension européenne de cette transposition, je voudrais poser la question de l’harmonisation européenne ou plutôt du risque de non-harmonisation qui va engendrer des distorsions de concurrence avec nos voisins européens.

Un exemple précis vaut mieux qu’un long discours comme l’a rappelé opportunément notre collègue Vanina Paoli-Gagin

Nos voisins belges ont déjà transposé la directive NIS 2 et nous ont dit qu’ils prenaient pour référence le respect de la norme ISO 27001 dites « Systèmes de management de la sécurité de l’information ». En d’autres termes, une entreprise qui respecte cette norme est considérée en Belgique comme remplissant les obligations de la directive.

Est-ce qu’une entreprise française qui respecterait la norme ISO 27001 et les obligations complémentaires belges remplirait aussi ses obligations dans notre cadre national ? Non répond l’ANSSI !

C’est révélateur d’une démarche qui ne va pas dans le sens de la simplification, de l’harmonisation et de la concurrence au sein de l’Union, vous nous annoncez qu’il va y avoir un label national cela promet.

Il y a clairement ici un point d’équilibre à trouver entre le besoin légitime de sécurité nationale et l’acceptation des normes par les acteurs concernés.

Ce processus ne peut être laissé à la seule discrétion d’une agence qui ne rend aucun compte devant les entreprises et les collectivités. J’en appelle à vous Madame la Ministre pour élever au niveau politique le pilotage de la mise en œuvre de ce projet de loi.

Pour conclure mon propos, je voudrais vous parler de mon amendement, le N°1 sur ce projet de loi. Par cet amendement, je veux éviter la possibilité d’imposer aux fournisseurs de services de chiffrement, l’intégration de dispositifs techniques visant à affaiblir volontairement la sécurité de leurs systèmes.

Garantir la sécurité numérique est un véritable enjeu du texte. Laisser des brèches dans le cryptage des données, via des « portes dérobées », appelées « backdoors », peut poser de vrais problèmes.

Fragiliser la sécurité des solutions de chiffrement françaises et européennes nuirait à notre compétitivité, face aux acteurs internationaux.

Cet amendement a reçu de nombreux soutiens de la part des acteurs du numérique. Votre avis sur le sujet, Madame la Ministre, sera très suivi. Je vous inviterai, mes chers collègues, à voter cet amendement.

Notre travail n’est pas terminé avec le vote de ce soir.

Pour être efficace, ce projet de loi doit être largement accepté par tous. Cela dépendra de la qualité du dispositif qui le mettra en œuvre.

Le groupe Union centriste votera évidemment ce texte.

Je vous remercie.

Voir l’intégralité de la discussion générale sur le site du Sénat

Commission Spéciale Cybersécurité – Visio avec Clara Chappaz

Le 4 mars, notre commission spéciale a adopté le texte du projet de loi issu de nos débats et enrichi de 61 amendements, dont 53 de la part de ses rapporteurs pour préciser les modalités de transposition des 3 directives, dite REC, NIS2 et DORA.

Trois jours plus tard, nous avons tenu une réunion de préparation avec Clara Chappaz ministre chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique, pour discuter de ces amendements, ainsi que de la parution de notre rapport et sa version résumée.

L’examen public du texte est programmé le 11 mars.

Lire LE RAPPORTRapport n° 393 Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, déposé le 4 mars 2025, de MM. Michel Canévet, Patrick Chaize et Hugues Saury au nom de la commission spéciale présidée par M. Olivier Cadic.

Lire l’ESSENTIEL (PDF, 8 pages)

VIDEOS des auditions publiques de la commission spéciale sur le site du Sénat.

Diplomatie parlementaire – Otages français en Iran – Vidéo Q/R (3’55)

Ce n’est pas nouveau : la République islamique d’Iran pratique la justice de l’otage depuis son avènement. Des citoyens de diverses nationalités sont régulièrement arrêtés sous des prétextes fallacieux, en général des accusations d’espionnage. Dès lors, ils servent de monnaie d’échange auprès des états européens, contre certaines contreparties ou assouplissements, au point que le Quai d’Orsay parle d’otages d’État.

Notre commission des Affaires étrangères et de la Défense, présidée par Cédric Perrin, a porté son attention sur leur situation, le 5 mars dernier.

Les sénateurs présents ont tous salué le courage et la dignité des personnes que nous avons auditionnées, les assurant de leur solidarité, à savoir :
. Noémie Kohler, sœur de Cécile Kohler, détenue en Iran depuis le 7 mai 2022.
. Thérèse et Alain Grondeau, parents d’Olivier Grondeau, arrêté en Iran en octobre 2022.
. Louis Arnaud, ex-otage libéré en juin 2024, après une détention de près de deux ans.

J’ai interrogé en particulier Louis Arnaud, otage libéré qui incarne donc l’espoir. Je lui ai demandé s’il avait ressenti une évolution vers la fin de sa détention lui laissait espérer ou comprendre que sa libération approchait.

J’ai tenu également à rappeler que notre ministère des Affaires étrangères déconseillait strictement à nos compatriotes de se rendre en Iran.

Voir l’intégralité de l’audition sur le site du Sénat.

INFOLETTRE n°243 – Février 2025

Lire : l’INFOLETTRE n°243 – Février 2025Logo HebdoLettre bleu - Rond75

La semaine où l’Europe a décidé de devenir une puissance militaire autonome

Madame, Monsieur, chers élus, chers amis,

La rencontre entre les présidents Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche ce 28 février a dégénéré en confrontation ouverte. Cette altercation publique a exacerbé les tensions internationales.

Tandis que M. Orban et d’autres partisans de M. Poutine célébraient les propos de Trump qui font passer l’agressé pour l’agresseur, les dirigeants des pays alliés de l’Amérique, de l’Europe au Canada, ont réagi comme un seul homme pour apporter leur soutien au président Zelensky.

Toute la semaine qui a suivi a abouti à un tournant historique pour la défense européenne des 27. L’Allemagne a rompu avec son dogme budgétaire. Les Européens ont fait preuve d’une unité remarquable pour se mettre d’accord, cette semaine, afin de rebâtir une puissance militaire autonome.

Lors de son discours de La Sorbonne en 2017, Emmanuel Macron proposait aux Européens de se fixer pour objectif de construire une “capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN”. 8 ans plus tard, l’histoire lui donne raison.

Ce mercredi 5 mars, le Président de la République a déclaré dans son allocution : “La France ne suivra qu’un cap, celui de la paix et de la liberté…”

“L’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises.” disait Jean Monnet. L’histoire lui a aussi donné raison.
Ainsi, comme je l’ai exprimé en conclusion de mon intervention à la tribune du Sénat : “Si l’Europe se dote d’une puissance militaire à la hauteur de sa puissance économique, alors cette crise sera surmontée comme toutes les précédentes”.

Fidèlement,

Olivier Cadic

Sommaire :

SITUATION EN UKRAINE ET SÉCURITÉ EN EUROPE
. Débat avec le gouvernement : intervention au nom du groupe UC
. Le guide “En cas de crise ou de guerre” du gouvernement suédois
. Interview Public Sénat concernant l’allocution du Président Macron
. Allocution du Président de la République

HOMMAGE
. Disparition de Jean-Pierre Cantegrit
. Chili : Dimitri Weiler nous a quittés

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER
. Le CIAN rappelle que notre présence économique en Afrique est forte
. Diplomatie économique : quand le savoir-faire français rend les villes du monde plus durables et intelligentes

EN CIRCONSCRIPTION
> ÉMIRATS ARABES UNIS – Dubaï / Abu Dhabi (20-21 fév. 2025)
> ÉTATS-UNIS – Atlanta (13-15 fév. 2025)

SÉNAT – CYBERSÉCURITÉ / IA
. Commission Spéciale Cybersécurité – Table ronde avec Airbus, Orange et Thales
. Commission Spéciale Cybersécurité – L’avis des autorités de régulation financière sur “DORA”
. Commission Spéciale Cybersécurité – Les collectivités locales face à NIS2
. L’AMF confrontée au défi de l’IA

SÉNAT – COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES
. France-Algérie : comment sortir de la crise diplomatique ?
. Ukraine – Délégation de la Rada
. Serbie – Fête nationale

MÉDIAS
. “Budget : François Bayrou échappe à la censure” & “Agriculture : un projet de loi pour sortir de la crise” (Public Sénat – 7 fév. 2025 – Vidéo 26’)
. “Les politiques français célèbrent la liberté à Taiwan” (Taiwan News – 6 fév. 2025
. Ukraine : “En cas d’accord de paix, l’envoi d’une force d’interposition en Ukraine sera incontournable”, estime le sénateur Olivier Cadic (Public Sénat – 17 fév. 2025)
. Rwanda – Tribune RDC (Libération – 26 fév. 2025)
. “La Syrie à la croisée des chemins avec son environnement régional” (lettre UDI)

Découvrir l’InfoLettre n°243

Chili : Dimitri Weiler nous a quittés

Nous avons été bouleversés d’apprendre le décès tragique de Dimitri Weiler, tué à coups de couteau devant sa famille lors du cambriolage de son domicile.

Président de l’UFE-Chili, conseiller du Commerce extérieur de la France et responsable du groupe Equance pour le Chili, le Pérou et l’Uruguay, il n’avait que 53 ans.

Dimitri Weiler avait rencontré Emmanuel Macron en visite au Chili en novembre 2024. Dans un communiqué, l’ambassade de France au Chili salue cette « éminente personnalité de la communauté française au Chili », considérée comme un « compatriote engagé au service de la communauté française ».

J’avais rencontré Dimitri à Santiago en 2016 à la Maison de France. Il m’avait laissé l’image d’un homme singulièrement entreprenant, altruiste et cordial.

J’adresse mes condoléances à sa famille, et à ses nombreux amis.

Article du Parisien : « Ils ont agi comme un gang » : Dimitri Weiler, patron des expatriés français au Chili, assassiné devant sa famille

Médias – Guerre en Ukraine (Public Sénat – 5 mars 2025)

En 2017, lors du discours de la Sorbonne, le Président de la République avait indiqué la nécessité d’avoir une Europe de la Défense, Il a été un visionnaire. Aujourd’hui j’attends un discours de vérité et qu’il permette de nous projeter dans le futur. Si nous voulons la paix, il faut préparer la guerre.

Commission Spéciale Cybersécurité – Rapports & Examen des amendements

Ce 4 mars, la commission spéciale s’est à nouveau réunie pour travailler sur le projet de loi de loi n° 33 (2024-2025) relatif à la « Résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité ».

La finalité de ce texte consiste à transposer en droit français les directives européennes dites NIS2, REC, et DORA (*) pour faire face à une menace devenue systémique. Lors de cette réunion, nous avons, dans un premier temps, entendu les rapports de Michel Canévet, Patrick Chaize et Hugues Saury, puis nous avons examiné 124 amendements.

Je me réjouis que les amendements déposés par nos trois rapporteurs, soit 53 au total, aient tous été adoptés par notre commission.

Nombre de ces amendements répondaient à la crainte, largement partagé par les acteurs que nous avons entendus, d’une « sous-transposition » des directives qui laisserait une place trop importante aux dispositions de nature réglementaire.

Liste des amendements adoptés (par ordre de discussion) sur le site du Sénat

Rendez-vous désormais les 11 et 12 mars pour la discussion du projet de loi en séance publique au Sénat.

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VERBATIM de mon intervention

Mes chers collègues,

L’ordre du jour appelle l’examen du rapport de MM. Michel Canévet, Patrick Chaize et Hugues Saury sur le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité.

Avant d’ouvrir la discussion, je voudrais, avec eux, vous remercier pour votre participation aux travaux de cette commission spéciale qui nous aura fait surmonter une dissolution de l’Assemblée nationale et une censure gouvernementale entre l’annonce du projet de loi initial pour juin 2024, le dépôt du texte le 15 octobre et l’audition de la ministre, Mme Clara Chappaz – qui elle n’aura pas changé – , le 27 janvier dernier.

Au total, la commission aura organisé 7 réunions publiques entre le 17 décembre 2024 et le 11 février 2025 :
– deux auditions de responsables publics (M. Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI et Mme Clara Chappaz, ministre délégué à l’intelligence artificielle et au numérique) ;
– et 5 tables rondes avec les organisations professionnelles (MEDEF, CPME), des représentants des entreprises cyber (ACN, CyberCercle, CyberTaskForce, Clusif), les associations d’élus (association des maires de France, association des départements de France, association des régions de France, intercommunalités de France, Métropole du Grand Paris), les autorités de régulation financière (AMF et ACPR) et 3 grands acteurs de la cyberdéfense (Airbus, Orange et Thales).

Ces auditions ont toutes été diffusées sur le site et les réseaux sociaux du Sénat et ont fait plus de 8000 vues. En outre, ces auditions ont fait l’objet de nombreuses reprises par les professionnels du secteur. Cette séquence aura été notre contribution à mieux sensibiliser et informer le public sur l’effort de résilience et de lutte contre les attaques cyber.

Signe que ce texte mobilise le Sénat, je remercie également la commission des affaires européennes, Présidée par notre collègue Jean-François Rapin, pour la communication qu’il a fait le 13 février dernier sur les dispositions de transposition et d’adaptation prévues par ce projet de loi.

Ces observations ont été communiquée à l’ensemble des membres de notre commission spéciale.

Les rapporteurs ont également procédé à de nombreuses auditions et pourront présenter leurs principaux constats et orientations sur le texte.

Avant de leur céder la parole j’ai deux précisions à vous apporter pour le bon déroulement de la réunion :
– Je voudrais tout d’abord excuser notre collègue Patrick Chaize qui a été retenu en Guyane et qui m’a demandé de bien vouloir lire son intervention et présenter ses amendements de concert avec ses co-rapporteurs ;
– Ensuite je vous rappelle qu’aura lieu en séance à 16h30 la déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation en Ukraine et la sécurité en Europe. Aussi, je vous propose de nous fixer comme objectif de terminer dans ce laps de temps notre débat et l’examen des 124 amendements déposés sur ce texte, dont 53 émanent de nos rapporteurs.

(*) Nous avons examiné un projet de loi qui vise la transposition de 3 directives européennes :
➢ la directive sur la résilience des entités critiques, dite REC
➢ la directive concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, dite NIS2
➢ la directive qui concerne la résilience opérationnelle numérique du secteur financier, dite DORA

Sénat – Débat sur l’Ukraine et la Sécurité en Europe

Intervention au nom du groupe Union centriste, après la déclaration du gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation en Ukraine et la sécurité en Europe.

Le gouvernement était représenté par François Bayrou, Premier Ministre ; Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ; Sébastien Lecornu, ministre des Armées ; Patrick Mignola, ministre chargé des Relations avec le Parlement ; Thani Mohamed-Soilihi, ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats Internationaux.

VERBATIM de mon intervention

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres,
Mes chers Collègues,

Je tiens tout d’abord à vous remercier, Monsieur le Premier ministre, pour vos propos auxquels nous souscrivons sans réserve.

Souvenez-vous, il y a tout juste 5 ans, notre sidération en observant nos rues vides et en apprenant un nombre de morts croissant chaque jour. Beaucoup ont éprouvé ce même sentiment de sidération vendredi en voyant, en direct, le président Trump reprendre les éléments de langage de M. Poutine pour humilier le Président Zelensky, dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche. Le président américain a reproché au président ukrainien d’avoir participé à une chasse aux sorcières contre Poutine et aidé ses opposants politiques démocrates à en faire de même contre lui.

Ses propos insultants contre la politique internationale des Etats-Unis d’Amérique de ses prédécesseurs Joe Biden et Barack Obama atteignent par ricochet tous les alliés de l’Amérique qui font front commun pour défendre un système de valeurs universelles. Les dirigeants des pays alliés de l’Amérique, de l’Europe au Canada, ont réagi comme un seul homme pour apporter leur soutien au président Zelensky. Tandis que M. Orban et d’autres partisans de M. Poutine célébraient les propos de Trump qui font passer l’agressé pour l’agresseur.

Renvoyé comme un serviteur, le président Zelensky est sorti de l’épreuve avec dignité. Avait-il d’autres choix ? Que lui était-il reproché ? D’avoir fait face, sans ciller ? D’avoir défendu les intérêts du peuple ukrainien, bien sûr. Il porte la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour défendre leur patrie et celle des victimes de la destruction aveugle du régime russe mais pas seulement.

Depuis 3 ans, l’Ukraine défend les valeurs portées tant par l’Europe que tous les pays qui se revendiquent de nos valeurs. A commencer par les Etats-Unis d’Amérique. « C’est une immense honte que Trump ait effectivement changé de camp dans la guerre russo-ukrainienne en rejoignant la Russie. Les États-Unis se sont alignés non pas avec nos alliés de l’OTAN, mais avec la principale menace historique de l’OTAN : Moscou. Il est impensable qu’un président américain puisse agir ainsi. » Ce n’est pas moi qui le dis, mais John Bolton, ancien Conseiller à la Sécurité nationale au début du premier mandat de Donald Trump, après avoir été notamment sous-secrétaire d’État sous George W. Bush.

Le Make America Great Again promet donc de se faire au détriment des alliances historiques.
América First est l’incarnation de la politique défendue par les partisans du « Moi d’abord ».
L’Europe s’est constituée pour justement pour tourner le dos à la politique du moi d’abord qui a conduit à deux guerres mondiales. Donald Trump répétait dans ses meetings qu’il était capable de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures, tout comme M. Poutine pensait qu’il allait prendre le contrôle de ce pays en 3 jours. Trois ans plus tard, la Russie s’épuise et ne paraît pas en mesure de gagner cette guerre, même en faisant appel à des troupes venant de Corée du Nord.

Dans le même temps, l’OTAN a vu la Suède et la Finlande la rejoindre.
Nous voyons trois priorités.
La première : aider l’Ukraine.
La deuxième : faire de l’Europe une puissance militaire.
Et enfin, mobiliser la population.

Tout d’abord, l’Ukraine. Comme notre Président Gérard Larcher l’a fait il y a quelques jours, nous saluons l’action de Nadia Sollogoub, Présidente du groupe d’amitié France – Ukraine.
L’Ukraine défend nos valeurs ; nous ne saurions accepter qu’on lui torde le bras pour un accord de cessez-le-feu qui ne serait qu’un répit pour permettre à M. Poutine de préparer la prochaine offensive.

L’Ukraine n’est pas seule. L’Ukraine ne doit pas être seule.

Si les Etats-Unis se retirent, il sera de la responsabilité de l’Europe de s’y substituer.
La seconde priorité est de réarmer l’Europe pour en faire une puissance militaire mondiale reconnue qui dissuadera la Russie de toute velléité d’attaque.

Le plaidoyer pour une défense européenne exprimé par le Président de la République en 2017 à la Sorbonne apparait désormais à chaque européen comme visionnaire. Cela participe à faire de la France un leader pour organiser désormais ce tournant. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von Der Leyen, a dévoilé ce matin le programme ReArm Europe qui pourrait mobiliser près de 800 milliards d’euros. La sécurité de l’Europe est menacée de manière très réelle. J’ai pu l’observer à Tapa, en Estonie. La France y contribue à la sécurité et la stabilité de l’espace Baltique dans le cadre de l’OTAN avec les Britanniques et les Américains, face à des forces russes qui sont situées à quelques kilomètres de là.

Cette nouvelle orientation va nécessairement impliquer de revoir nos priorités budgétaires pour augmenter significativement encore notre budget de défense. Comme l’ont rappelé les présidents Perrin et Kanner « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Le chef d’État-major des Armées ne dit pas autre chose quand il annonce qu’il faut gagner la guerre avant la guerre. Les athlètes ne gagnent pas aux Jeux olympiques sans s’être préparés pendant des années.

Il nous appartient donc aussi de mobiliser la population française sans attendre pour qu’elle puisse être consciente des menaces auxquelles nous sommes tous confrontés. La responsabilité de la sécurité et de la protection d’un pays repose collectivement sur toutes les personnes qui y habitent. Le gouvernement suédois a édité un livret envoyé à tous les habitants de la Suède.
Il est destiné à aider sa population à mieux se préparer pour tout ce qui peut arriver, que ce soient des accidents graves, des intempéries extrêmes, des cyberattaques ou des conflits militaires. Il est écrit que si la Suède est attaquée par un autre pays, ils ne se rendront jamais, et que toutes les informations ordonnant de cesser la résistance sont fausses.
Ce message n’est pas inutile car dans tout pays européen, il y a des politiques qui seraient prêts à jeter le fusil avant même de le porter face à une attaque de M. Poutine.

Les Suédois se préparent déjà à une vie quotidienne qui pourrait passer, du jour au lendemain, sans dessus dessous.

J’ai remis hier, à Londres, copie de ce livret au ministre du commerce extérieur et des Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin. Je souhaite vous le remettre également, Monsieur le Premier ministre afin que vous puissiez évaluer par vous-même, s’il ne serait pas pertinent de s’inspirer dès à présent de ces bonnes pratiques.

Vous l’avez dit avec raison, Monsieur le Premier ministre, c’est à nous, Européens, de garantir la sécurité et de la défense de l’Europe. Nos forces armées continentales additionnées à celles du Royaume-Uni, c’est plus de 2,5 millions de soldats professionnels, soit 25% de plus que les forces russes, avez-vous dit hier à l’Assemblée nationale.

L’Europe est une puissance militaire qui s’ignore. Elle doit désormais s’affirmer. Il y a toutefois un principe de réalité. Elle a autant aujourd’hui besoin des Américains que les Etats-Unis ont besoin de l’Europe pour assurer leur sécurité.

J’ai pu aussi le mesurer dans le domaine de la cybersécurité, où les hostilités ont démarré depuis bien longtemps. L’an dernier, pour faire face à l’ampleur de la menace cyber, la Maison Blanche m’invitait à Washington avec une délégation de parlementaires et d’experts français pour prôner la cyber-solidarité.

La brutalité du propos de Donald Trump aura eu des mérites.
Celui de renforcer la solidarité entre les Européens.
L’image de la réunion de Londres ce week-end en atteste.
C’est rassurant, car notre point faible est la fragmentation de notre organisation.

L’État russe est connu pour chercher à utiliser la désinformation afin de nous diviser et d’altérer simplement notre force de résistance. C’est sa façon de chercher à gagner la guerre contre des démocraties sans avoir à utiliser la force militaire. C’est désormais un défi pour tous ceux qui défendent la liberté, la démocratie et les droits humains, à chaque élection.
C’est également un défi pour l’Union européenne.

Jean Monnet a écrit dans ses mémoires, je cite, « l’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises. » Les faits lui ont donné raison par le passé. Je suis persuadé que sa pensée doit nous guider.

Si l’Europe se dote d’une puissance militaire à la hauteur de sa puissance économique, alors cette crise sera surmontée comme toutes les précédentes depuis sa création.

Je vous remercie.

En circonscription aux Émirats arabes unis – Dubaï / Abu Dhabi (20-21 fév. 2025)

Retour à Dubaï et Abu Dhabi pour accompagner Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger dans son déplacement de deux jours aux Émirats arabes unis (EAU).

(photo de g. à d.) Nicolas Niemtchinow, ambassadeur de France aux EAU, Olivier Cadic, Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger et Mireille Conte-Jaubert, sénatrice Gironde).

Président du groupe d’amitié sénatorial France-Pays du Golfe, la délégation parlementaire comprenait également Mireille Conte-Jaubert, sénatrice Gironde, Vice-présidente du groupe d’amitié sénatorial et Gerault Verny, député des Bouches-du-Rhône et président du groupe d’amitié avec les EAU. 

Merci à Nicolas Niemtchinow, ambassadeur de France aux EAU, à l’équipe du poste diplomatique, à Hervé Serol, président du conseil consulaire, et Gilles Grima, conseiller des FDE, pour avoir contribué à l’organisation de cette mission.

Toute ma gratitude à Laurent Saint-Martin pour m’avoir offert cette opportunité de soutenir son action de promotion de la France et de ses entreprises lors de cette visite.

DUBAÏ

Communauté française

Consulat

Première séquence, une visite au consulat pour trois rencontres successives :

•⁠ ⁠Rencontre avec Ilhami Gulcen, consul adjoint, et les équipes consulaires qui gèrent une communauté de près de 30.000 inscrits sur un nombre de 55.000 présents, d’après les autorités émiriennes. Il a été enregistré 434.000 touristes français en 2023. La communauté française grandit rapidement (17% sur les premières semaines 2025) et enregistre 873 naissances en 224, soit 2,3 par jour. Le nombre de bourses scolaires a été doublé en 4 ans et atteint un budget de 1,5 millions d’euros.

•⁠ ⁠Échange avec Axel Baroux, directeur régional Business France pour le Proche et Moyen-Orient. Le Golfe est la troisième région en importance pour l’opérateur derrière l’Amérique du Nord et l’Europe (Allemagne-Benelux-Suisse-Autriche). Les Émirats représentent le 4ème excédent commercial de la France avec +3,8 milliards d’euros.

•⁠ ⁠Entretien avec Laurent Pasquier, attaché douanier, pour évoquer les priorités en matière de lutte anti-blanchiment, dans le prolongement du rapport de notre commission d’enquête sur le narcotrafic. Je fais partie de la nouvelle commission d’enquête sénatoriale sur le blanchiment et le contournement des sanctions économiques. Les Émirats sont sortis de la liste grise du Gafi en 2024. Des efforts sont constatés. Un audit du Gafi est prévu pour la fin 2025. +d’images

Diplomatie économique

Team France Export

À la faveur de son déplacement aux Émirats arabes unis, Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, a invité la délégation parlementaire à l’accompagner sur trois séquences consécutives, avec les représentants de la communauté économique à Dubaï, un émirat qui a pour ambition de créer un hub technologique.

Les EAU représentent 17% des en-cours de la Bpifrance dans le monde et se trouvent dans le top 10 des pays sélectionnés pour l’assurance export prospection.

•⁠ ⁠Rencontre avec Franck Ladegaillerie, président du comité CCEF des EAU ; Pierre Cheyron, président et Agnès Lopez-Cruz, directrice CCI France-UAE ; Stéphane Boukris, président French Tech ; Axel Baroux et Didier Boulogne (Business France); Mael M’Baye, directeur régional Bpifrance et Laurent Pasquier, attaché douanier régional.

Un forum du suivi du forum de Paris sur l’IA aura lieu à l’initiative de la CCI France-EAU, le 12 juin 2024. Les Français de la Tech sont bien vus aux EAU. La French Tech est contactée 3 fois par semaine par des start-ups intéressées par les opportunités locales.

•⁠ ⁠Cocktail organisé par Business France avec le soutien de chefs français installés aux EAU qui sont autant d’influenceurs du goût made in France. 65 acheteurs-distributeurs étaient invités pour prolonger les entretiens engagés sur le salon Gulfood avec les exposants du pavillon France.

•⁠ ⁠Dîner avec quelques entreprises françaises représentatives de secteurs stratégiques. Parmi les personnes invitées : Dalya Al Muthanna, directrice générale Golfe, Alstom ; Pierre Cheyron, directeur Afrique, Moyen-Orient, Asie, Engie ; Emmanuel de Roquefeuil, VP Moyen-Orient, Thales ; Antoine Ghazal, CEO Moyen-Orient, Saint-Gobain ; Franck Ladegaillerie, CEO, MPH, président CCEF ; Gabriel Semelas, CEO Afrique et Moyen-Orient, Airbus.; Pascal Pinazo, directeur général EAU, groupe Barrière ; Mael M’Baye, directeur régional Bpifrance ;

Les EAU restent un lieu privilégié comme point d’entrée pour accéder aux marchés du Golfe. +d’images

Gulfood

Visite du pavillon France au salon Gulfood, où 93 entreprises françaises exposent.

Aux côtés de Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, en présence de Nicolas Niemtchinow, ambassadeur de France aux Émirats et d’Axel Baroux, directeur PMO Business France, nous avons pu constater que la gastronomie française marque toujours autant les esprits à l’international.

La 30e édition de Gulfood a permis aux stands français de mettre en avant leur sens de la tradition, de l’innovation, la FoodTech et de s’illustrer parmi les 5 500 exposants.

Très heureux d’avoir pu constater le haut niveau d’engagement de nos professionnels de l’agroalimentaire pour promouvoir une certaine idée du goût de France.

Félicitations à l’équipe de Business France pour l’organisation du pavillon France qui affiche complet. +d’images

ABU DHABI

Diplomatie économique

18ème International Defense Exhibition & Conference (IDEX)

Visite de l’IDEX, le plus grand salon d’armement du Moyen-Orient, qui se tient tous les deux ans à Abu Dhabi, en compagnie de Christophe Vaillant, attaché d’Armement adjoint aux Émirats arabes unis et de ma collègue Mireille Conte-Jaubert.

La France est le deuxième exportateur de matériels de guerre et assimilés dans le monde. La présence de 75 entreprises, nous place au 5ᵉ rang des nations représentées à l’IDEX 2025, qui a réuni 1350 exposants venus de 65 pays.

Le GICAT (Groupement des industrie françaises de défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres), acteur clé du secteur, y a fédéré le plus grand pavillon France jamais mis en place par un groupement français sur un salon international de défense.

Le passage sur le pavillon France, sur les stands de Naval Group, Dassault, MBDA, Elno, Ouvry, Photonis… m’a permis d’observer à nouveau l’expertise et la maitrise technologique de nos entreprises dans le domaine de La défense et de la sécurité.

Deux jours plus tôt, le GICAT et son homologue émirien EDCC (Emirates Defense Companies Council), affilié au Tawazun Council, ont annoncé la création d’une Task Force industrielle dédiée au combat futur et signé un protocole d’accord – Memorandum of Understanding (MoU) – visant à renforcer les synergies industrielles entre les deux pays.

Les Émirats arabes unis s’imposent comme le premier partenaire commercial de la France à l’export au cours des dix dernières années (21,3 milliards d’euros).

Cette visite m’a permis de retrouver les industriels de l’armement rencontrés l’an dernier, dont Gilles Grima, conseiller des Français de l’étranger et son prédécesseur Alain Thévenot. +d’images

Conseillers des Français de l’étranger

Avant de rencontrer la communauté française, Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger a réservé un moment d’échange privilégié avec les 5 conseillers des Français de l’étranger pour les Émirats arabes unis et le sultanat d’Oman : Hervé Serol, président du conseil consulaire, Gilles Grima, Valérie Allard-Latour, Isabelle Moriou et Guillaume Nassif.

Ravi d’avoir pu assister à cette discussion qui s’est tenue en présence des parlementaires, de Nicolas Niemtchinow, ambassadeur de France aux Émirats et de Jean-Christophe Paris, consul général.

Le ministre a divulgué aux élus les propositions qu’il va annoncer mi-mars devant l’Assemblée des Français de l’étranger.

Les élus l’ont informé de leurs priorités et ont mentionné en particulier les besoins immobiliers de Massignon, qui n’a plus de gymnase depuis octobre 2023.

La communauté scolaire s’inquiète également de la remise en cause du programme scolaire français par les autorités locales qui souhaitent avoir une meilleure maitrise des programmes scolaires enseignés aux Émirats.

J’ai partagé avec le ministre la question de la CSG-CRDS pour les résidents à l’extérieur de l’EEE, qui fait partie des priorités rappelées aussi bien par nos compatriotes rencontrés aux États-Unis la semaine précédente que pour ceux établis aux Émirats. +d’images

Taqana Energy Solutions

Visite du site de production « Taqana Energy Solutions », fruit d’un partenariat entre Schneider Electric, leader dans la transformation numérique de la gestion de l’énergie et de l’automatisation, et l’Arab Development Establishment (ADE).

Tour à tour, le ministre Laurent Saint-Martin, Amel Chadli, président des pays du Golfe, Schneider Electric et Mohamed Yousef Al Nowais, directeur exécutif du conseil d’administration de Taqana ont présenté ce projet qui jouera un rôle central dans la fabrication d’une gamme de solutions énergétiques hautement avancées conçues pour soutenir la croissance industrielle des Émirats arabes unis.

Le lancement de l’usine, inaugurée en octobre dernier, met en évidence l’engagement indéfectible de Schneider Electric envers les Émirats arabes unis. +d’images

Sorbonne – Centre For Artificial Intelligence (SCAI)

Retour à la Sorbonne, où je m’étais rendu lors de mon premier déplacement à Abu Dhabi il y a tout juste dix ans (compte-rendu), pour assister à l’intervention du ministre Laurent Saint-Martin, dans le cadre de la Semaine de l’IA et de la Communauté.

Lors de son intervention, le ministre est revenu sur l’importance de l’accord-cadre de coopération signé quelques jours plus tôt, entre la France et les EAU dans le domaine de l’intelligence artificielle. Il a échangé ensuite avec les étudiants.

Lors de la séquence suivante, nous avons visité le Centre d’Intelligence Artificielle de Sorbonne Université Abu Dhabi (SCAI).

L’ambition de ce centre dédié à l’intelligence artificielle est de contribuer de manière significative à l’excellence de la recherche interdisciplinaire et de l’enseignement en IA, en favorisant les échanges entre chercheurs, étudiants et industriels.

Enfin, nous avons échangé avec des représentants d’éminentes entités françaises et émiriennes du secteur : Mourad Aberkane, EVP, Capgemini ; Cyril Witjas, vice-président, Capgemini ; Naima Al Falasi, VP principal, Stratégie IA, Mubadala ; Dr Ramzi Ben Ouaghrem, directeur Industrie et Innovation IA, MBZUAI ; Naima Bibki, directrice Retail – Smart services, Core42 ; Timothée Desormeaux, co-fondateur, Acquisit ; Cédric Duverger, responsable des systèmes critiques MO, Eviden/Atos ; Dr. Wael Kanoun, director, Middle East, Thales ; Emmanuel Legros, directeur Stratégie & Marketing, Thales et Thomas Spitz, fondateur, QuantCube.

Une discussion passionnante avec des personnalités à la pointe de l’innovation. +d’images

Culture / Coopération

Louvre

Inauguré en 2017, le Louvre Abu Dhabi avait déjà attiré 2 millions de visiteurs en 2019, ce qui en fait le musée le plus visité du monde arabe.

Résultat d’un partenariat sans précédent entre la France et les Émirats arabes unis, c’est le plus grand projet culturel de la France à l’étranger.

Jean Nouvel, lauréat du prix d’architecture Pritzker, sélectionné pour concevoir le musée, a été inspiré par les caractéristiques spéciales du site de Saadiyat (« île du bonheur ») : une île lagune vierge, entre le sable et la mer, l’ombre et la lumière.

Le gouvernement émirien a versé plus d’un milliard d’euros au Louvre pour le projet à Abu Dhabi, dont la licence court jusqu’en 2047.

Le Louvre ne sera bientôt plus le seul musée de l’île. Nous sommes passés devant le Guggenheim d’Abou Dhabi qui abritera un musée d’art moderne et contemporain, avant d’être rejoints par le Musée national Zayed, en hommage au fondateur des Émirats arabes unis, cette fédération de sept émirats.

Lors de mon premier déplacement, il y a 10 ans, l’île ne laissait transparaître que le chantier de construction du Louvre avec le désert tout autour. +d’images

Communauté française

Réception à la Résidence

Ultime séquence du déplacement de deux jours aux côtés du ministre Laurent Saint-Martin, une rencontre à la Résidence de France avec les représentants de la communauté française établis aux Émirats.

Parmi ceux-ci, j’ai échangé avec Alicia Beyney (en médaillon), présidente du French Social Club (historiquement Dubaï Accueil), membre de la Fiafe, et des adhérentes de cette association qui réunit plusieurs centaines de francophones à Dubaï et tient une permanence hebdomadaire à l’Alliance française.

J’ai également eu le plaisir de retrouver plusieurs d’entre-eux : Jean-Michel Moriniere, président du Cercle, un club d’affaires d’Abu Dhabi, le dr Ch Mounayer, médecin conseil du poste, plusieurs CCEF, à l’image d’Isabelle Jaouen, vice-présidente des CCEF aux Émirats, ou encore Céline Lacroix, qui anime un club d’entrepreneurs à Dubaï et préside désormais l’UFE Dubaï depuis près d’un an.

Tous ces compatriotes m’ont décrit les Émirats comme un mélange de modernité, d’ambition et d’extravagance, avec une volonté de se positionner comme un centre mondial incontournable.

Merci à eux pour ce partage et à Laurent Saint-Martin pour m’avoir offert cette belle opportunité de l’accompagner lors de cette visite.+d’images

Disparition de Jean-Pierre Cantegrit

Jean-Pierre Cantegrit au Sénat, lors de sa décoration dans l’O.N. de la Légion d’honneur par Gérard Larcher, le 13/11/2019

Jean-Pierre Cantegrit s’est éteint à l’âge de 91 ans. Une annonce qui nous remplit de tristesse et fait remonter des souvenirs en cascade avec celui qui a consacré sa vie de parlementaire au service des Français de l’étranger.

Une belle et une longue vie de parlementaire puisque Jean-Pierre détient, certainement pour toujours, le record de longévité de la Vème République au Sénat, où il aura siégé plus de 40 ans, sans discontinuer de 1977 à 2017.

Il était revenu au Sénat le 13 novembre 2019, accompagné de son épouse Hélène, pour recevoir les insignes de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur des mains de Gérard Larcher. Leur complicité faisait plaisir à voir. Inutile de préciser que Jean-Pierre avait l’oreille et le respect de toute notre classe politique, ayant commencé sa carrière sous Valéry Giscard d’Estaing, en remplacement de Louis Gros, nommé membre du Conseil constitutionnel.

Jean-Pierre Cantegrit ne laissait personne indifférent, c’est le moins que l’on puisse dire. De stature imposante, les yeux perçants, le ton déterminé, il intimidait chacun au premier abord.

Centriste, héritier de cette Vieille France empreinte de culture classique, de retenue et d’élégance, il incarnait ces barons de la politique française qui fascinent.

Bravache dans l’adversité, on l’imaginait dur, coriace, et on avait raison, mais il était aussi incroyablement amical et plein d’humour. Il était « chaleureux à sa façon », me rappelait hier une amie et capable d’éclats de joie dignes d’un petit garçon lorsqu’il apprenait une bonne nouvelle.

Le grand leg politique de Jean-Pierre Cantegrit aura été la création de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), dont il a été le président durant 35 années (1985 à 2015), pendant lesquelles cette caisse a toujours été excédentaire et disposait de réserves à son départ, aimait-il rappeler.

De fait, comme je l’avais rappelé à la tribune du Sénat le 18/06/2015 :
“En réponse à l’attente, voilà quelques années, des élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, M. Cantegrit a su mettre en œuvre, avec une rare efficacité, un contrôle externe de la caisse.
Peu de caisses de sécurité sociale peuvent se prévaloir de comptes certifiés sans réserve. Il me paraît donc justifié de rendre hommage à l’action de ce conseil d’administration et de son président.”

En effet, pendant 40 ans de mandat, son fil à plomb aura été la protection sociale des Français de l’étranger. Fondée en 1978, d’abord à l’attention des salariés, la CFE offre à tous nos expatriés la même protection sociale qu’en France. Il s’agit d’une formidable réalisation.

À l’Assemblée des Français de l’étranger, Jean-Pierre Cantegrit créa et présida le groupe UDIL (Union des Démocrates, Indépendants et Libéraux), que j’ai rejoint en 2006, en compagnie des conseillers des Français de l’étranger Thierry Consigny (Japon) et Nadine Pripp (Suède).

Il fut également longtemps une figure emblématique de l’UFE (Union des Français de l’étranger) et un fin connaisseur de l’Afrique.

Son décès intervient à quelques jours le lancement des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, convoquées par Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger. Son ombre planera sur les débats et sa mémoire constituera une source d’inspiration pour tous.

Sa disparition plonge notre institution sénatoriale dans le deuil. Elle affecte profondément les membres du groupe de l’Union Centriste présidé par Hervé Marseille, qui était un de ses amis proches.

Mes pensées émues vont à son épouse Hélène et ses enfants que j’assure de toute ma sympathie. Mes condoléances à sa famille et ses proches.

Sénat – Rwanda – Tribune RDC

Je suis allé au Rwanda et au Nord Kivu (Zaïre) dès 1989. Un voyage qui m’a beaucoup marqué.

Je suis revenu à Kigali pour commémorer le 30ème anniversaire du génocide des Tutsi (lire : en circonscription au Rwanda – Kigali & Tumba (5-9 avril 2024).

J’étais aux côtés, entre autres, de Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères, Hervé Berville, secrétaire d’État, de trois députés dont Astrid Panosyan, désormais ministre de l’Emploi, et de Yonathan Arfi, président du Crif.

L’antitutsisme est l’équivalent de l’antisémitisme.

J’ai été frappé par la campagne de presse orchestrée, lors de la commémoration, par la RDC, avec le soutien d’une agence de presse française très influente.

Je vous joins cette tribune collective parue dans Libération, car il m’apparaît comme pour leurs auteurs que : “Comme en 1994, notre devoir est d’alerter le public sur l’aveuglement qui conduit à ignorer cette montée des périls.”

Tribune du 26 février 2025 : “Crise en République démocratique du Congo : il faut regarder la situation en face“.

J’espère que cette fois, la France ne sera pas du mauvais côté de l’histoire.

Sénat – Ukraine – Rada – Parlement

Visite au Sénat d’une délégation de parlementaires ukrainiens, ce 19 février, conduite par Liudmyla Buimister, présidente du groupe d’amitié Ukraine-France, pour échanger avec le bureau de notre commission.

Pendant que des officiels russes discutent à Riyad avec leurs homologues américains, la guerre fait toujours rage en Ukraine.

Nos collègues rappellent qu’il ne peut y avoir de négociations sur l’avenir de l’Ukraine sans l’Ukraine, pas plus que sur l’Europe sans l’Europe.

Les députés de l’opposition ukrainiens sont unanimes pour balayer les propos cherchant à minimiser le soutien populaire au président Zelensky, et à considérer qu’il ne peut pas y avoir d’élections tant que le conflit est en cours avec la Russie.

Le président du Sénat a rendu hommage en séance à la délégation ukrainienne présente en tribune en compagnie de Nadia Sollogoub, présidente du groupe d’amitié France-Ukraine.

Une chaleureuse démonstration de soutien de la part des sénateurs présents est montée de l’hémicycle. +d’images

En circonscription aux États-Unis – Atlanta (13-15 fév. 2025)

Toute ma gratitude à Anne-Laure Desjonquères, consule générale, et Iwan Streichenberger, président CCEF USA, pour la formidable organisation de mon séjour, à la faveur de ma venue pour participer au 40eme anniversaire de la French American Chamber of commerce Atlanta South-East.

Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont remarquablement accueilli à Atlanta.
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Diplomatie économique

40e anniversaire de la Chambre de commerce French American Chamber Of Commerce Atlanta-Southeast (FACC)

Retour pour mon troisième déplacement à Atlanta, à nouveau initié par la FACC et Iwan Streichenberger, président des CCEF pour les USA.

Très reconnaissant envers Jacques J Marcotte, président, et Katherine Lafourcade, directrice, de m’avoir invité à célébrer le 40ème anniversaire de la FACC.

150 personnes étaient réunies, en présence de Anne-Laure Desjonquères, consule générale, Michèle Oliveres-Alain et Dominique Lemoine, conseillers des Français de l’étranger, Iwan Streichenberger, président des CCEF pour les USA et Marc Somnolet, président du réseau des chambres de commerce aux USA.

À l’honneur également, des vétérans de la 2ème Guerre mondiale qui incarnent l’amitié permanente et confiante entre nos deux peuples.

Très heureux d’avoir retrouvé de nombreux visages connus, croisés lors de mes deux derniers déplacements.

Félicitations à Jacques J Marcotte, Katherine Lafourcade, à toute l’équipe qui anime la chambre de commerce et dynamise les échanges économiques entre nos deux pays, sans oublier les deux fondateurs de la chambre, John Lyons et Marc Ducloz, présents pour la circonstance, ainsi que tous ceux qui leur ont succédé.

40 ans de travail enthousiaste pour solidifier la relation entre la France et le sud-est des États-Unis.+d’images

Lire mon DISCOURS.

Conseillers du commerce extérieur (CCEF)

Merci à Iwan Streichenberger, président des CCEF USA, d’avoir réuni plusieurs CCEF de la section d’Atlanta* pour échanger avec moi en compagnie d’Anne-Laure Desjonquères, consule générale.

Le premier message a été de saluer l’action de la France dans le domaine de l’IA. Plusieurs d’entre eux m’ont indiqué qu’ils avaient été impressionnés. Cela donne de la crédibilité à toute la Tech française.

L’analyse des décisions prises en matière de barrières tarifaires est que cela impacte en priorité ceux qui produisent aux USA. La taxe sur l’aluminium devrait se refléter sur le prix des loyers (+1%), après avoir eu un effet négatif sur la construction.

La stratégie du président Trump est de s’attaquer aux dépenses publiques tous azimuts. Le budget de recherche de la seule université Giorgia Tech est de 1,4 milliards de dollars, quand celui de la France est de 600 millions d’euros.

Merci aux CCEF présents pour leurs précieuses remarques.

* Gerard Guyard, Gravotech ; Christine de Wendel, Sunday ; Didier Arnaud, Monarch Beverages ; Vincent Noirbent, Stellantis ; Khalil Younes, The Coca Cola Company ; Sebastien Lafon ; Marie Belgioino, McBryan ; Guillaume Paulic, Prologis

Metro Atlanta Chamber

Dès mon arrivée à Atlanta, j’ai rencontré John Woodward, vice-président Global Commerce de la Metro Atlanta Chamber.

Metro Atlanta Chamber (MAC) est une organisation vieille de 165 ans représentant des entreprises, des collèges, des universités et des organisations à but non lucratif de la région des 29 comtés qui constitue le sixième plus grand marché du pays.

Les 1500 entreprises membres investissent dans le travail de MAC pour attirer et retenir les entreprises, assurer un climat favorable aux affaires grâce à des efforts de politique publique et commercialiser la région comme un endroit idéal pour vivre et travailler.

Avec plus de 100 millions de passagers annuels, l’aéroport d’Atlanta est le plus fréquenté au monde. Ce hub géant pour les vols domestiques et internationaux impressionne par ses infrastructures modernes et ses services variés.

Échange très intéressant sur la situation économique suite à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et ses propos très controversés sur les droits de douane, et les volontés d’annexion du Panama, du Canada et du Groenland. +d’images

Exotec

Visite d’Exotec, une entreprise de robotique en pleine croissance qui a choisi Atlanta pour étendre sa présence sur le marché américain.

Accueilli par Stanislas Normand, directeur USA, j’ai découvert le système emblématique Skypod®️ qui déploie des robots qui se déplacent dans les entrepôts et peuvent grimper sur des échelles pour apporter les articles directement aux travailleurs de l’entrepôt.

Grâce à ce système, il est possible de stocker 30% de volumes en plus sur 1 mètre carré.

Exotec est née de l’imagination de deux ingénieurs et s’est développée depuis Lille pour devenir une entreprise internationale comptant plus de 1300 employés, dont 125 aux USA.

Avec une valorisation supérieure à 2 milliards de dollars, Exotec est devenue en 2022, la première licorne industrielle en France.

La filiale américaine représente déjà 60% des ventes.

Impressionnant d’ingéniosité ! +d’images

Communauté française

Consulat

Visite du consulat organisée par Anne-Laure Desjonquères, consule générale, et échange avec les agents du consulat français à Atlanta.

Le consulat enregistre 8264 inscrits dont 4250 en Géorgie, 2250 en Caroline du Nord, 610 au Tennessee, 340 en Alabama, 85 au Mississippi, 750 en Caroline du sud, où se trouve le siège Amérique du nord de Michelin à Greenville, ainsi que deux usines.

Pascale Cohen, attachée à l’ambassade pour la Science et la Technologie, m’a décrit son activité concernant le programme NETVA-Start in America, accueillant des start-ups françaises early stage deeptech dans 9 écosystèmes d’innovation aux USA.

Entre 15 et 20 start-ups sont accueillies chaque année. +d’images

Cocktail Résidence

Anne-Laure Desjonquères, consule générale, a organisé une rencontre avec des représentants de la communauté française d’Atlanta à la Résidence de France.

Première séquence, un entretien avec Michele Olivères-Alain, conseillère des Français de l’étranger.

Parmi ses sujets, le calendrier de mise en place du renouvellement des passeports dématérialisés, afin de simplifier les procédures administratives pour les Français à l’étranger.

Autre sujet, la CSG-CRDS sur les revenus immobiliers en France réclamés aux Français résidant en dehors de l’espace économique européen qui pèse sur les Français des USA.

Seconde séquence, j’ai eu le plaisir d’échanger avec les représentants des Français de la circonscription.

Très heureux d’avoir échangé avec les membres de la formidable association Atlanta Accueil (en photo) qui rivalisent d’activités.

Opportunité également d’évoquer le programme FLAM, avec Myriam Chedouteau, présidente de l’école du samedi.

Lors de mon intervention, j’ai souhaité délivrer un message positif et confiant dans notre capacité à consolider l’amitié franco-américaine pour contrer les discours nationalistes qui se révèlent anxiogènes pour beaucoup. +d’images

Enseignement

Atlanta International School

Visite de l’Atlanta international School, en compagnie de la consule générale et d’Iwan Streichenberger, suivi d’un entretien avec Kevin Glass, headmaster.

Depuis mon précédent passage en 2017 (compte-rendu), l’école s’est agrandie d’une nouvelle aile et a gagné 150 élèves (1350). Un nouveau campus a été acquis pour accueillir à terme 200 à 300 élèves supplémentaires.

Les enfants choisissent l’une des quatre filières bilingues proposées (anglais + français ou allemand ou espagnol ou mandarin). La section française est complète.
Des cours de soutien sont offerts dans 26 langues, dans le cadre d’un programme « Héritage », pour permettre aux enfants de développer la maitrise d’une langue maternelle.

Un concours d’entrepreneur est organisé pour les élèves. Celui qui gagne reçoit un financement pour développer son projet. +d’images

Little Da Vinci International School

La Little Da Vinci School, maternelle bilingue, fondée en 2009, et dirigée par Soraya Rouchdi, a déménagé depuis mon précédent passage en 2017 (compte-rendu).

L’école accueille 110 élèves et est homologuée.

La maternelle est bilingue et l’élémentaire est trilingue. Elle va désormais jusqu’au CM2.

À la fin du primaire, les enfants ont la capacité de passer d’une langue à l’autre sans effort, résultat d’un processus efficace d’immersion linguistique, qui fait la réputation de cette école.

Accompagné par Anne-Laure Desjonquères, consule générale, et Iwan Streichenberger, pdt des CCEF pour les USA, j’ai pu à nouveau mesurer la passion de Soraya pour la langue française et sa détermination à créer des pratiques d’apprentissage positives qui accompagneront les élèves tout au long de leur vie. +d’images

Culture

Alliance française

Visite du Centre culturel franco-allemand, centre commun de l’Alliance française Atlanta et du Goethe-Zentrum Atlanta.

Dirigée par Richard Keatley, directeur exécutif, et Clemence Bradley, l’AF Atlanta a été créée en 1912.

Ouvert en 1963, le centre de langue accueille 700 inscrits chaque année.

Seuls Atlanta, Palerme et Ramallah, mettent en œuvre l’accord diplomatique du programme Kultur ensemble, qui offre une programmation culturelle commune.

Actuellement, l’exposition Comicopia qui met en scène des artistes français, allemands et américains de la bande dessinée.

Le directeur m’a fait valoir qu’il faudrait prévoir des moyens budgétaires publics pour aider l’AF Atlanta à financer ces programmes qui relèvent d’une décision politique nationale. +d’images

Médias – “La Syrie à la croisée des chemins avec son environnement régional”

La Syrie à la croisée des chemins avec son environnement régional

Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France et Président du groupe France-Pays du Golfe au Sénat et Fadi Georges Comair, Professeur des Universités, Président du PHI-UNESCO (2019-2023)

Tribune pour la Newsletter de l’UDI – fév. 2025

Deux mois après la chute du régime de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, la Syrie traverse une période de transition complexe, marquée par des défis politiques, sécuritaires et humanitaires.

Le régime en place issu de la coalition insurgée, dominée par Hayat Tahrir al-Cham (HTC), ancienne branche d’Al-Qaida en Syrie, tente de se présenter sous un jour nouveau, comme une force capable d’unifier le pays et de rétablir les services publics de base.

Cela crée des opportunités pour la stabilisation et le développement à condition que ce pays adopte une Politique de Distanciation vis-à-vis de son environnement régional.

Pour sortir de la crise actuelle, la Syrie doit adopter une approche en plusieurs étapes :

La priorité du régime doit être dans la rédaction d’une nouvelle constitution qui promeut l’équitabilité du système politique entre les différentes communautés du pays. Cela pourrait se réaliser dans le cadre d’un équilibre entre les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Ce système de Fédération communautaire conduirait à construire un État stable.

Cette démarche nécessite une politique de sécurité efficace renforcée par une armée unifiée loin des conglomérats des milices en place dans le pays, des institutions solides et une diplomatie active.

C’est le préalable pour mener des réformes susceptibles de renforcer l’efficacité et la transparence des institutions publiques.

Le nouvel état syrien doit mettre en place des politiques spécifiques pour garantir la sécurité et les droits des minorités, à savoir les Kurdes, Chrétiens d’Orient et Alaouites. La protection des minorités est essentielle pour assurer la stabilité du pays. Une politique de réintégration et de protection des droits de ces populations est nécessaire pour éviter les conflits internes.

Enfin, le régime doit développer une diplomatie active pour établir des programmes de retour sécurisé et de réintégration pour les déplacés syriens. Il est impératif de coopérer avec les autorités libanaises pour faciliter le retour des réfugiés établis au pays du cèdre.

La conférence internationale sur la Syrie, prévue à Paris le 13 février 2025, vise à aborder plusieurs de ces enjeux cruciaux pour l’avenir du pays en transition.

C’est une étape majeure dans la mobilisation de la communauté internationale aux côtés du peuple syrien, visant à coordonner l’aide internationale et à soutenir la transition vers une paix durable.

Lire l’article La Syrie à la croisée des chemins avec son environnement régional sur le site de l’UDI

Médias – Ukraine : “En cas d’accord de paix, l’envoi d’une force d’interposition en Ukraine sera incontournable”, estime le sénateur Olivier Cadic (Public Sénat – 17 fév. 2025)

Article d’Henri Clavier, publié par Public Sénat, le 17 février 2025 :

Ukraine : “En cas d’accord de paix, l’envoi d’une force d’interposition en Ukraine sera incontournable”, estime le sénateur Olivier Cadic

Alors que les Etats-Unis et la Russie entament, ce mardi 18 février, des discussions pour rétablir leurs relations diplomatiques, le sort de l’Ukraine inquiète. Interrogés sur un éventuel envoi de troupes en Ukraine, les sénateurs de la commission des affaires étrangères défendent l’idée d’envoyer un contingent pour fournir des garanties de sécurité, mais seulement en cas d’accord acceptable pour les pays européens.

« Je ne pense pas que l’envoi de troupes au sol soit un moyen pour rentrer à la table des négociations », explique le sénateur socialiste et membre de la commission des affaires étrangères et de la défense, Rachid Temal. « C’est impossible que l’Ukraine et l’Europe ne soient pas à la table des négociations, ça ne passe pas que par l’envoi de troupes », continue le sénateur socialiste. « Les Européens sont des partenaires indispensables pour la paix en Ukraine, ils auront voix au chapitre », abonde le sénateur centriste, Olivier Cadic. Les sénateurs pointent notamment l’implication des pays européens dans les opérations de reconstruction de l’Ukraine. La Pologne a d’ores et déjà écarté la possibilité d’intervenir tandis que l’Allemagne juge ces discussions « prématurées ». La question pourrait se poser de manière différente en cas d’accord pour un cessez-le-feu.

Les sénateurs favorables à l’envoi d’une force d’interposition en cas d’accord de paix satisfaisant
« En cas d’accord de paix, l’envoi d’une force d’interposition en Ukraine sera incontournable », estime Olivier Cadic qui insiste sur la nécessité de conclure un accord permettant à l’Ukraine de s’appuyer sur d’importantes garanties de sécurité pour l’avenir. « S’il y a un accord de paix sur la délimitation des frontières, il serait impératif d’avoir des garanties de sécurité et donc d’envoyer des troupes françaises en Ukraine », affirme Rachid Temal. Plutôt que de participer directement au conflit, les pays européens pourraient surtout envoyer des contingents dans le cadre d’une force d’interposition comme celle présente au Liban. « Il faudra des forces pour préserver l’Ukraine et ne pas répéter l’épisode de 2014 avec la Crimée, la Russie ne s’arrêtera pas », prévient Olivier Cadic. « Il est hors de question de déployer nos soldats dans le cadre d’un accord bancal qui permettrait à la Russie de préparer sa prochaine guerre. Il nous faut penser de façon stratégique, c’est-à-dire penser au coup d’après ; ce n’est que dans une perspective de moyen à long terme que peut s’envisager le déploiement de soldats européens », explique Cédric Perrin.

Dos au mur, la mise à l’écart des Européens par les Etats-unis pourrait relancer les projets de développement d’une industrie de la défense européenne et d’une armée commune. « Votre diplomatie n’existe pas si vous n’avez pas d’armée pour l’accompagner si on veut peser diplomatiquement il faut avoir une structure de défense », plaide Olivier Cadic.

Lire l’article Ukraine : “En cas d’accord de paix, l’envoi d’une force d’interposition en Ukraine sera incontournable”, estime le sénateur Olivier Cadic sur le site de Public Sénat.

Commission Spéciale Cybersécurité – Table ronde avec Airbus, Orange et Thales

Ce 11 février, notre commission spéciale a réuni trois groupes mondiaux de la cyber défense, Airbus, Orange et Thales, pour une ultime table ronde de notre cycle d’auditions publiques.

Cela a conduit à situer le débat à l’échelle européenne, puisque ces organisations doivent appréhender la transposition de la directive NIS2 dans la quasi-totalité des États membres de l’Union à travers leurs filiales.

Ces groupes attendent évidemment une cohérence et une articulation entre les différentes réglementations nationales.

Le diable peut se cacher dans le détail des décrets d’application. Point qui est soulevé lors de toutes les auditions, car il est de nature à surtransposer ou à sous-transposer la directive.

Faudra-t-il remonter n’importe quel incident intervenu dans une filiale européenne vers le siège parisien, en vue d’une déclaration à l’ANSSI ?

Si les grands donneurs d’ordres sont rompus aux impératifs de la cybersécurité, j’ai rappelé que notre objectif était d’aider les entreprises à mieux se défendre, non leur compliquer la vie.

Voir la VIDEO de l’audition sur le site du site du Sénat

VERBATIM de mon intervention

Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

Nous poursuivons notre cycle d’auditions publiques consacrées au projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité par une première table ronde réunissant des groupes du secteur de la cyberdéfense avec par ordre alphabétique des entreprises en question :
> Le groupe Airbus, représenté par M. Michaël BARTHELLEMY, Ho Cyber Risk and Assets Management d’Airbus et M. Olivier MASSERET, directeur des relations institutionnelles ;
>Le groupe Orange, représenté à la fois pour sa propre sécurité par M. Patrick GUYONNEAU, directeur de la sécurité du Groupe Orange, et pour la fourniture de services de cyberdéfense par M. Olivier BONNET DE PAILLERETS, général et ancien directeur adjoint de la DGSE, maintenant Executive Vice President Technology & Marketing de la filiale Orange Cyberdefense. Vous êtes accompagnés de M. Laurentino LAVEZZI, directeur des Affaires publiques ;
>Enfin, le groupe Thales pour lequel s’exprimera M. Alexis CAURETTE, vice-président stratégie cybersécurité, accompagné de Mme Isabelle CAPUTO, directrice des relations institutionnelles.

Je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation pour nous éclairer sur la vision globale que vous pouvez avoir sur ce projet de loi qui vise la transposition de trois directives, à savoir :
– pour le titre premier la transposition la directive sur la résilience des entités critiques, dite « REC » ;
– pour le titre 2, la directive concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union, dite « NIS2 » ;
– et pour le titre 3 la résilience opérationnelle numérique du secteur financier, dite « DORA ».

Vous êtes tous, à votre niveau, directement concernés par ce projet de loi, comme vous l’étiez d’ailleurs par NIS1 puisque vous êtres des acteurs majeurs à la fois du secteur de la défense et du secteur civil.

Vous vous caractérisez également par une dimension européenne et internationale. Votre regard sur le marché européen et les risques de distorsion juridique de transposition dans les différents états membres de l’Union européenne nous sera utile.

Enfin, outre le souci de votre propre sécurité, vous fournissez des services de cybersécurité à vos clients (entreprises ou collectivités territoriales) par le biais de vos filiales (Airbus protect, Orange Cyberdéfense ou Thales Solutions de cyberdéfense). Là aussi, nous serons à l’écoute de vos points de vue sur le projet de loi, son impact et les éventuels problèmes ou propositions d’amendement.

Je propose à mon collègue rapporteur de poser ses questions dès à présent, ainsi vous pourrez intégrer éventuellement vos réponses ou compléter par rapport à votre présentation liminaire.

Diplomatie économique : quand le savoir-faire français rend les villes du monde plus durables et intelligentes

Nous comptons plusieurs champions français à l’international opérant dans le secteur des transports urbains, périurbains et interurbains (métro, tramway, car, bus, train…). J’ai quelquefois le loisir de visiter leurs réalisations, au travers de mes déplacements dans le monde, ainsi que de rencontrer leurs équipes locales. Parmi les principaux acteurs, citons Keolis (groupe SNCF), Transdev, Alsthom et RATP Dev (groupe RATP).

Jean-Luc Chapoton, directeur du développement international de RATP Dev, m’avait proposé une rencontre, en ma qualité de président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe, sachant que son groupe est présent au Qatar, en Arabie Saoudite avec une base aux E.A.U, et que des projets sont en cours à Oman et au Bahreïn.

Une mission ardue, car la concurrence est vive et « chaque pays a sa propre gouvernance des transports », m’a expliqué M. Chapoton, que j’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat, ce 7 février.

En février 2020, j’avais visité les installations du métro de Doha, en compagnie de Rosiane Houngbo Monteverde, conseillère des Français de l’étranger pour Qatar et Bahreïn (compte-rendu). Le projet consistait à lancer trois lignes de métro entièrement automatisées et un réseau de tramway intégré en prévision de la Coupe du Monde de football 2022. Pari gagné pour RATP Dev, ce réseau a transporté 18 millions de supporters vers l’un des huit stades de la compétition.

En mars 2024, en Arabie Saoudite, je me suis rendu à la station de métro King Fahad Stadium, en bout de ligne 2 du métro 100 % automatique, puisque RATP Dev avait reçu l’attribution du contrat d’exploitation et de maintenance des lignes 1 et 2, en partenariat avec SAPTCO (compte-rendu).

Ainsi, cultivant l’innovation, notre savoir-faire ouvre la voie à une nouvelle vague de villes intelligentes et durables qui conjuguent au plus haut degré numérique et mobilité.